ACODAF contribue aux réflexions régionales pour une mise en œuvre effective de la ZLECAf en Afrique centrale

Du 4 au 7 août 2026 à Yaoundé,   Action pour le Commerce et le Développement en Afrique (ACODAF) a pris part au Séminaire régional consacré au thème : « Renforcer la mise en œuvre de la ZLECAf : développement des capacités techniques des Comités nationaux de mise en œuvre de la ZLECAf en Afrique centrale ».

Organisée par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) à travers son Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale, en collaboration avec le Centre africain de politique commerciale (ATPC), l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP) et le Secrétariat de la ZLECAf, avec la collaboration du Gouvernement du Cameroun et des partenaires régionaux, cette rencontre a offert un cadre régional de dialogue et de partage d’expériences autour des enjeux liés à la mise en œuvre effective de la ZLECAf en Afrique centrale.

Une diversité d’acteurs autour de la table

Le séminaire a réuni un large éventail de parties prenantes impliquées dans les processus de mise en œuvre de la ZLECAf en Afrique centrale, notamment des représentants des États et des Comités nationaux de mise en œuvre, des administrations publiques, du secteur privé, de la société civile, des organisations représentant les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap, ainsi que des universitaires, experts et représentants d’institutions régionales, continentales et internationales.

Pendant quatre jours, les présentations techniques, les échanges entre participants et les travaux de groupe ont permis d’aborder plusieurs dimensions essentielles de la ZLECAf : l’état d’avancement de sa mise en œuvre, l’accès aux marchés, les règles d’origine pour le commerce des marchandises, la facilitation des échanges et la gestion des frontières, le commerce des services, le commerce numérique, la participation des MPME, des femmes et des jeunes, le financement, l’intelligence commerciale et le développement des chaînes de valeur régionales.  

Une place importante a également été accordée au fonctionnement des Comités nationaux de mise en œuvre de la ZLECAf. À travers des travaux de groupe et des restitutions en plénière, les participants ont partagé les expériences de leurs pays, identifié les difficultés rencontrées et formulé des recommandations sur des questions telles que la gouvernance, la représentation et la participation des parties prenantes, les mécanismes de coordination et de rapportage, la mobilisation des ressources et la durabilité des Comités. Cette démarche participative a permis de faire émerger des constats, des expériences et des recommandations à partir des contributions des acteurs eux-mêmes, afin d’alimenter la réflexion et d’éclairer les décisions futures sur l’amélioration du fonctionnement et de l’efficacité des mécanismes nationaux de mise en œuvre de la ZLECAf.

La contribution d’ACODAF : mettre le commerce numérique au service de l’intégration régionale

C’est dans cette dynamique collective et multipartite qu’ACODAF a apporté sa contribution, particulièrement sur les enjeux du commerce numérique et de la transformation digitale en Afrique centrale. Cette contribution a notamment permis de :

  • de mettre en perspective l’articulation entre le cadre continental porté par le Protocole de la ZLECAf sur le commerce numérique et les orientations développées au niveau régional à travers la Politique régionale de commerce électronique en cours d’élaboration ;
  • de mettre en évidence les opportunités offertes par ces instruments, tout en soulignant les principaux défis associés à leur mise en œuvre, notamment en matière d’infrastructures numériques, de cadres juridiques et réglementaires, de systèmes de paiement, de facilitation des échanges, de logistique et de livraison du dernier kilomètre, de compétences numériques, ainsi que d’inclusion et d’appropriation par les acteurs publics et privés.

L’enjeu est désormais de faire en sorte que ces cadres continentaux et régionaux ne restent pas uniquement des instruments institutionnels, mais puissent progressivement se traduire en opportunités concrètes pour les acteurs économiques d’Afrique centrale. Pour ACODAF, la réussite de la ZLECAf dépend également de la capacité à rapprocher les politiques commerciales des réalités de ceux qui doivent les mettre en œuvre et en bénéficier.  L’existence de protocoles, de politiques et d’instruments constitue une étape essentielle. Mais leur impact dépend aussi de leur appropriation par les administrations, les entreprises et les autres parties prenantes, d’un meilleur accès à l’information et du développement des capacités nécessaires pour utiliser effectivement les opportunités qu’ils créent.

Cette question est particulièrement importante dans le domaine du commerce numérique. La transformation digitale offre de nouvelles possibilités aux entreprises pour accéder aux marchés, développer leurs activités au-delà des frontières nationales et participer davantage au commerce intra-africain. Une attention particulière doit également être accordée aux MPME et aux catégories d’acteurs susceptibles de rencontrer des obstacles spécifiques dans l’accès au commerce numérique, notamment les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap. Au-delà de l’accès aux infrastructures et aux compétences numériques, l’inclusion suppose de veiller à l’accessibilité des plateformes, des interfaces, des services et des outils numériques, afin que les opportunités offertes par la transformation numérique et la ZLECAf puissent être effectivement accessibles à tous.

La participation d’ACODAF à cette rencontre régionale renforce son engagement à contribuer activement à l’opérationnalisation de la ZLECAf en Afrique centrale. Dans la continuité des réflexions issues de cet atelier, ACODAF entend poursuivre et intensifier ses actions en faveur d’un commerce plus accessible, inclusif et compétitif, notamment à travers l’appropriation des instruments de la ZLECAf, le développement du commerce numérique et l’accompagnement des acteurs économiques vers les opportunités du marché continental.